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16 avril 2015

Autres temps, autres mœurs ? Chroniques judiciaires-XIXème siècle

Gaillon, 1857, L'affaire du chateau de Jeufosse (3/4)

Quiconque se promène à proximité de Gaillon ne peut manquer d'apercevoir parmi les châteaux environnants, celui de Jeufosse construit au XVIIème siècle.


Cette bâtisse aujourd'hui d'allure sereine a connu un épisode dramatique.

Au milieu du XIXème siècle résident dans cette demeure Madame de Jeufosse, veuve de 45 ans, sa fille Blanche âgée de 18 ans ainsi que son institutrice Laurence de six ans son aînée.


La vie au château n'est guère trépidante et l'irruption d'un certain Monsieur Guillot va réveiller cette petite cour.

 

CA/ROUEN

 


Monsieur Guillot n'est pas venu là par hasard. Il a rencontré les fils de Madame de Jeufosse, deux incorrigibles noceurs qui dilapident la fortune familiale.

Monsieur Guillot est un homme riche et un bon vivant. C'est aussi un coureur d'aventures. A peine a-t-il rencontré Blanche et Laurence, qu'il leur fait tour à tour des avances.


Madame de Jeufosse soupçonne quelque chose. Un soir, elle surprend même un rôdeur dans le parc du château. C'en est trop. Elle appelle son garde Crépel et lui intime l'ordre d'abattre tout intrus trop entreprenant. Monsieur Guillot se souciant peu de ce risque poursuit sa cour.


Le 12 juin 1857, comme à l'accoutumée, il s'introduit dans le parc du château afin d'échanger quelques doux billets. Le garde Crépel, de ronde à ce moment, aperçoit l'intrus et sans prendre le temps de le confondre l'ajuste et tire. L'intrus, mortellement blessé, s'effondre sur le coup. Crépel s'aperçoit un peu tard qu'il s'agit de Guillot.


La nouvelle fait grand bruit dans la région, un homme si charmant abattu comme un voleur. Madame de Jeufosse, ses fils et le garde Crépel sont aussitôt conduits à la prison de Louviers, ancien cloître des pénitents.

 

CA/ROUEN

 

Le procès s'ouvre devant la Cour d'assises de l'Eure. Leur cause semble perdue tant le climat et les faits les accusent.

 

Pour leur défense, ils firent appel à l'un des grands avocats de cette époque, Maître Pierre-Antoine Berryer. Le défenseur des plus illustres de ses contemporains, obtiendra l'acquittement pour l'ensemble des accusés.

 

CA/ROUEN

 

Quitte, face à la justice, la famille n'en est pas moins ruinée.

 

Le Château devra être vendu et la famille s'installera à Gaillon.


Les trois femmes reposent aujourd'hui au cimetière de Saint Aubin.

 

Le garde décèdera à l'âge de 81 ans au hameau de Corricard.

 

CA/ROUEN

 

(Source principale : site internet de la mairie de Saint aubin sur Gaillon ; Voir aussi sur le thème : La Bête noire du château de Jeufosse, roman de Michel de Decker et le téléfilm "En votre âme et conscience : L'affaire du manoir de Jeufosse ou la bête noire" de Claude Barma).

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